Mois : mars 2017

Do you speak english? I mean, do you speak AMERICAN english?

Alors ça y est, t’es bilingue? ….

Hummm… pas vraiment 😉

Cela fait à présent un an et demi que nous sommes aux Etats-Unis et huit mois que j’y travaille. Mon niveau d’anglais s’est nettement amélioré, certes. Tout d’abord, ma compréhension est bien meilleure, même s’il m’arrive encore parfois de faire un très large sourire en guise de réponse à une remarque que je n’ai pas comprise. Comme pour dire: « regarde comme j’ai l’air sympa avec mon sourire, et oublie ce que tu viens de dire, oublie le fait que je suis censée te répondre quelque chose…» La technique du sourire marche dans toutes les langues et dans tous les pays mais trouve très vite ses limites.

Moi qui avait peur d’ouvrir la bouche pour dire « Thank you » à la caissière de Publix, je réponds à présent au téléphone une dizaine de fois par jour sans appréhension. Mais je répète toujours mon prénom trois fois quand on me le demande :

L-U-D as in Delta- I-V as in Victor-I-N as November- E

La très grande majorité des clients sont très sympas et patients. Certains sont même carrément euphoriques et excités au point de produire des ultrasons que seuls les dauphins peuvent comprendre. C’est le fameux « Oh myyy Gooood I loooove your accent, you can sell me anythiiiiiiing with this accent, I went to Paris last yeaaaar ».

Globalement, je suis donc plutôt fière de mes progrès et du chemin parcouru. Et l’enthousiasme de mes clients-dauphins m’encourage dans ce sens.

Cela a donc été la vraie douche froide lorsque lors d’un bilan avec ma chef, celle-ci m’a dit que mon anglais n’était pas assez professionnel et qu’elle était très stressée et gênée quand je parlais aux clients. (petite info, ma chef est française mais parle un anglais parfait).

Après toute l’énergie mise en oeuvre pour tenter de m’améliorer, j’ai eu beaucoup de mal à entendre cela.

Combien de temps me faudra-t-il encore pour avoir un anglais professionnel ? Pour que l’anglais ne soit plus un problème du tout ?  Pour que je sois « bilingue »? -_-

J’ai mis un peu de temps à digérer cette remarque mais j’ai à nouveau la pêche, je continue de prendre des cours d’anglais hebdomadaires avec Michelle (si vous cherchez une super prof d’anglais sur Atlanta, n’hésitez pas à me demander son contact), je ne manque pas une occasion de parler en anglais et je suis toujours les supers vidéos de l’adorable Christina Rebuffet !

Voici Michelle et son super bouquin:

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Christina, vous la connaissez, je vous en ai déjà parlé dans de précédents articles.

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Elle nous a écrit un article spécialement pour nous :  plein de bons conseils sur comment se faire comprendre par un américain et comment le comprendre surtout quand ce dernier parle très très vite, comme c’est souvent le cas dans le sud des Etats-Unis 😉 Voici l’article, n’hésitez pas à commenter et à contacter Christina si vous avez des questions ! Pour rappel, elle m’avait beaucoup aidé pour rédiger le CV qui m’avait fait décrocher un job super rapidement !

Enjoy it !

5 clés pour comprendre les américains quand ils parlent vite

par Christina Rebuffet 

christinarebuffet.com          contact@christinarebuffet.com

Combien de fois j’ai entendu “Les américains parlent vite, et ils ne font aucun effort pour articuler !” ou bien “Ils mâchent leurs mots, comme du chewing gum” ou “On dirait qu’ils ont une patate chaude dans la bouche.”

C’est vrai que l’anglais, tel qu’il est parlé par les américains, dans la vraie vie, est surement très, très loin de l’anglais que vous avez appris au collège. Dans les enregistrements des CDs (ou pour certains, les cassettes…), souvent les interlocuteurs prenaient le soin de bien prononcer chaque syllabe :

“He-llo John. What – are – you – go-ing – to – do to-day?”
“I’m go-ing to go in-to the ci-ty to buy some-thing.”

Donc, rien avoir avec ce que vous entendez dans la bouche des vrais américains

“Hey John, whatcha gonna do’duhday?”
“Imma go tuh thuh siddy tuh buy sumpin.”

Mais comment y comprendre quelque chose ? On dirait qu’ils mâchent leurs… oh wait… C’est vrai que l’anglais parlé, le vrai, que ce soit par des anglais ou des américains, est beaucoup moins précis que vos professeurs vous l’ont fait croire

On voit écrit “What do you…” et on entend “Whudduhyuh…”
On lit “I’m going to…” et on entend “I’m gonna…” ou encore pire “Imma…”

Help!!

Voici donc 5 expressions qu’il faut savoir reconnaître si vous voulez comprendre vos interlocuteurs américains :

1) Vous entendez : “Whutchuh wanna do?”
Ça correspond à: “What do you want to do?”
Les américains adorent raccourcir les “petits mots” dans une phrase. Souvent “the” se prononce “thuh”, “do” devient “duh”, et “you” sonne comme “yuh”.
Quand on met le “t” du mot “what” à côté du “d” du mot “do”, il y a même un son qui semble sortir de nulle part : “ch”, comme “whutchuh” pour dire “What do you.”

 

2) Vous entendez: “Ahmma go ou’tuh Wal-Martchuh nee danything?”
Ça correspond à: “I’m going to stop by Wal-Mart. Do you need anything?”
Peut-être vous avez déjà appris que “going to” se pronounce souvent “gonna.” C’est vrai, mais il y a une version “plus avancée” si on peut dire ça : “Imma.” Oui, vous pouvez lire “I’m going to” et entendre “Ahmma”.
Voici quelques exemples de ce que vous pouvez entendre à la place de “I’m going to”:
“Ahmma get Kerry a birthday present. Any ideas?”
“Ahmma call and see what time the flower shop closes.”
Attention, cette déformation marche uniquement avec le sujet “I”. Pour les autres, ce sera “you gonna”, “he or she gonna”, “we gonna” et “they gonna.”

 

 
3) Vous entendez: “Yeah, gemmee sumpin tuh eat.”
Ça correspond à: “Yeah, get me something to eat.”
Là, si vous ne savez pas que “gemmee” correspond à “get me” et que “sumpin” c’est en réalité “something,” vous serez largué (à moins de pouvoir tout deviné avec les seuls mots facilement compréhensibles, “yeah” et “eat”)
Good luck…
Donc, si vous entendez “sumpin,” sachez que ça correspond à “something”, souvent utilisé dans une phrase avec des “petits mots” mâchés que nous avons vus plus haut. Quelques exemples :
“Sumpin tuh do” (Something to do)
“Sumpin tuh talk about” (Something to talk about)

4) Vous entendez: “Lemmee givyuh some money.”
Ça correspond à: “Let me give you some money.”
Avec l’exemple précédent, on a deux beaux exemples de comment les américains mâchent leurs mots : “lemmee” et “gimmee.”
– “Lemmee”, c’est le plus facile, car ça correspond à une phrase : “Let me.”
Par exemple :
Lemmee take uh look addit (Let me take a look at it)
Lemmee see whudah can do (Let me see what I can do)
– “Gimmee”, par contre, peut correspondre à deux phrases : “Get me” ou bien “Give me” (comme la chanson “Give me, give me, give me a man after midnight!” Les chanteuses d’Abba ont bien bossé leur prononciation !)
C’est le contexte qui vous aidera à savoir si votre ami américain dit “get me” ou “give me” :
Gimmee uh hand here, will yuh? (Give me a hand here, will you?)
Can you gimmee some milk at the store? (Can you get me some milk at the store?)

5) Vous entendez : “You gonna go intuh thuh siddy at three-thurdy?”
Ça correspond à: “Are you going to go into the city at three-thirty?”
Si un américain peut transformer un “t” en “d”, il le fera ! J’exagère un peu, mais disons qu’il y a suffisamment de mots où le “t” se prononce comme un “d” pour poser problème à un étranger qui n’en est pas conscient.
Voici un petit lexique pour vous aider à traduire  l’anglais écrit en américain parlé :
Bottle = “bodduhl”
Butter = “budder”
City = “siddy”
Computer = “compyooder”
Daughter = “dawdder”
Eighty = “Ayddy”
Forty = “fordy”
Little = “lidduhl”
Sans promettre des miracles, être conscient de ces aspects de l’accent américain vous facilitera déjà la compréhension de vos amis américains ! Commencez à chercher à entendre ces exemples dans votre prochaine conversation, ou dans les conversations que vous entendez autour de vous. Vous verrez, ces sons sont partout et savoir les déchiffrer est une des clés pour comprendre les américains quand ils parlent vite.

Christina.
Christina a aussi écrit un super e-book « What the Faute? Un livre in English pour éviter 32 erreurs fréquentes en anglais. » Je l’ai lu et il est super utile pour se remettre à l’anglais et faire de jolis progrès.
Bisous à tous ou plutôt, XOXO 😉
Ludi

 

 

 

Mon Papet

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Ces derniers jours ont été assez difficiles et tristes pour nous et notre famille. Mon grand-père, que mon frère et moi appelions affectueusement Papet, s’est éteint dans son sommeil jeudi dernier à l’âge de 81 ans. De façon plutôt surprenante, je ne m’étais jamais préparer à cette situation, je ne m’y attendais pas. Curieusement, je n’ai jamais imaginé une seconde que cela arriverait pendant notre expatriation, pendant notre parenthèse américaine, pendant nos fiançailles. Je ne suis sentie bien stupide, naïve et désemparée. Je me demande si c’est une forme d’égocentrisme, d’optimisme ou d’insouciance que de penser que rien ne pouvait m’arriver de mon côté de l’Atlantique, bien occupée à croquer la vie à pleine dent, à découvrir ce pays, à préparer notre mariage.

Avec Mathieu, nous avons pu rentrer en France pour être avec ma famille pour les obsèques. Je me rends compte de la chance que j’ai eu de pouvoir être avec mes proches, peu nombreux mais unis dans la tristesse d’avoir perdu un être cher, un point de repère.  Perdre un grand parent, c’est dans l’ordre des choses parait-il. Mais c’est aussi perdre un pilier qui m’a aidé à me construire, à être la personne que je suis aujourd’hui. C’est un chapitre de mon enfance qui se tourne, le chapitre de l’insouciance, des bonheurs simples et de la liberté. C’est perdre quelqu’un qui m’a éveillée, éduquée et  chouchoutée. De nombreuses personnes qui l’ont connu ont partagé avec moi de jolis souvenirs qu’ils avaient de lui. Finalement grâce à eux, il y a eu aussi beaucoup de sourires entre les larmes de ces derniers jours. J’ai décidé d’enfiler les perles de ses différents souvenirs, les leurs et les miens pour m’en faire un collier souvenir, un doudou porte bonheur pour que je ne les oublie pas. J’avais très envie d’écrire ce collier souvenir et de le partager, le voici.

Mon Papet c’était un très bon vivant, qui préférait indéniablement le vin et le pastis à l’eau car « l’eau ça rouille » disait-il. Grace à lui je sais ce que c’est qu’une mauresque, une tomate ou un perroquet (la base de l’apéro vous diront les vrais marseillais).

Les découvertes culinaires avec lui ont rythmé mon enfance, avec lui on a mangé des lasagnes, des pieds paquets, des alouettes sans tête,  des soupes au pistou, des daubes provençales, des champignons à l’huile, des bricks à l’œuf, des fèves fraîches avec du pain craquant et du beurre, des beignets de pâtisson (qu’il appelait beignet de zigouigoui pour pas que l’on soit effrayés par le nom étrange du « pâtisson »). Jolie prouesse que d’avoir fait aimer tout cela à des enfants. Aussi il savait nous mettre en confiance et nous amadouer : chez lui, on avait les lèvres roses de grenadine ou orange de nectar d’abricot, on mangeait des crèmes caramel la Laitière et des milles feuilles pour les anniversaires. Il faisait cuire les pommes de terre dans les braises de la cheminée et mon petit frère lui disait, affolé, « Attention Papet, tu vas te buer les goits ». Pour aller à la plage, on avait toujours notre petit goûter, pain frais-nutella qu’on mangeait les doigts salés et ensablés face à la mer.

Le plaisir que je prends aujourd’hui à passer du temps derrière les fourneaux, à peaufiner de nouvelles recettes a surement ses racines dans ces souvenirs d’enfance.

Il nous a appris à mon frère et moi, à pêcher la truite et à s’en régaler le repas suivant, à secouer un noisetier pour en ramasser les petites noisettes qui roulent comme des billes jusqu’à nos pieds, à casser la coque du pignon de pin, pas trop fort pour ne pas éclater le pignon et pouvoir le fourrer dans la bouche sans morceaux de coquille, à cueillir les cerises du jardin et à ouvrir les grenades. Il nous a offert des jonquilles et des roses du jardin, du mimosa, des freesias et autres fleurs selon la saison.

Tous les étés, nous les passions à son mobil-home, insouciants, bronzés et surexcités d’être au camping pour deux mois, à Bandol, avec les cousins et les copains, à courir à la piscine, faire du vélo, de la trottinette et des dérapages dans ses graviers.

A l’âge adulte, grâce à mon Papet, j’ai appris que l’on pouvait aussi se tromper dans la vie, que l’on pouvait changer d’avis. Il y a quelques années, il avait décidé d’aller vivre à la Réunion. Outre la tristesse d’être si loin les uns des autres il s’est avéré que c’était une très mauvaise idée, que les choses ne se sont pas passées comme prévues. Revenir signifiait reconnaître son erreur, sans doute mettre son ego dans la poche. Mais comme je suis heureuse qu’il l’ait fait ! Il a passé les cinq dernières années de sa vie à être chouchouté et dorloté comme il l’avait lui-même fait avec ses proches tout au long de sa vie. Ce n’est pas quelque chose de très connu mais il était en famille d’accueil, chez l’exceptionnelle Béatrice, avec un ou deux autres pensionnaires selon la période. Les infirmiers, kiné et autres professionnels de santé se déplaçaient au quotidien à domicile. Tous étaient aux petits soins pour lui, et tous l’appréciaient beaucoup, ils étaient d’ailleurs présent lors des obsèques.

J’aime raconter nos découvertes aux Etats-Unis sur ce blog, je prends plaisir à écrire le bon côté des choses, à écrire mes surprises et étonnements de façon positive. Vivre un décès en étant à l’étranger, cela fait partie du mauvais côté de l’aventure, et c’est malheureusement quelque chose auquel je ne m’étais pas préparé. Il est difficile de réaliser cette perte et de faire son deuil en étant loin. Pouvoir revenir en France pour les obsèques m’a beaucoup aidé et j’ai une pensée très émue pour tous ceux pour qui ce n’est pas possible, qui doivent faire leur deuil à distance. Ecrire tous ces jolis souvenirs m’a personnellement beaucoup aidé, je voulais qu’il y ait un peu de mon Papet sur ce blog, cette idée me plait.

Merci du fond du cœur d’avoir lu cet article,

Ludivine

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