Ma plus grande peur en arrivant ici était de ne pas comprendre ce qu’on me disait et de ne pas pouvoir m’exprimer comme je le souhaitais.

C’est LE grand complexe français : nous sommes persuadés d’être nuls en anglais et certains d’entre nous sont victimes du symptôme « tout le monde parle anglais mieux que moi ». Moi la première, mais je suis sûre de ne pas être la seule. Une bloggeuse américaine vivant en France a bien compris ce problème et propose de supers vidéos (environ 5 minutes chacune) pour aider les français à communiquer en anglais : http://christinarebuffet.com/ 100% utile, bien fait et gratuit ! J’adore !

Mes études m’ont permis de savoir lire et écrire un anglais plutôt correct mais absolument pas d’avoir une aisance à l’oral en anglais (et pourtant j’ai passé un semestre en Inde qui m’a permis de bien comprendre l’accent indien certes – « no offense » mais ce n’était pas une part de nâan  – mais pas forcément de me sentir à l’aise à l’oral).

Alors en arrivant ici, la panique, le stress, la honte, je devais parler en anglais aux gens qu’on rencontrait, nos futures nouveaux amis, aux vendeurs dans les magasins, aux employés de l’immeuble… Je me souviendrais toujours de mon premier échange le premier jour de mon arrivée, quand Mathieu parti au travail, je suis descendu demander mon jeu de clé et que je n’ai pas compris un mot de la réponse d’un des gérants ! L’horreur ! (j’ai compris plus tard, pour ma défense qu’il avait un accent bien plus prononcé que les autres, peut être irlandais ou quelque chose comme ça, et à présent je le comprends bien mieux !).

Mais comment j’allais me débrouiller toute seule, dans les magasins, au quotidien, en soirée et surtout COMMENT J’ALLAIS POUVOIR TROUVER DU TRAVAIL EN ANGLAIS !!??

Les séries en VO

La méthode la plus connue et la plus dé-culpabilisante  est sans contexte de regarder des séries en VO sous titrée en anglais. Grâce à Netflix, Hulu Plus et compagnie j’aurai pu littéralement passer mes journées à faire cela ! (bon j’avoue que je le fais toujours 1 ou 2 h par jour !)

En revanche, cela n’est pas suffisant et si l’on n’a pas envie de voir son cerveau se transformer en purée de pois chiche, il faut faire autre chose !!

Les conversation partners

J’ai très rapidement rencontré Sarah grâce à une amie commune et surtout grâce à un événement appelé French Meet up où des français, des francophones et des francophiles se rencontrent une fois par mois pour parler français (cela existe quasiment dans toutes les grandes villes, pour beaucoup de langues, renseignez-vous sur internet si cela vous intéresse).

Sarah voulait pratiquer le français : elle rêve d’aller habiter à Paris et fait très sérieusement tout ce qu’elle peut pour y arriver, voilà quelqu’un qui croit en ses rêves et dont les efforts finiront très certainement par payer, j’aime beaucoup ça ! Nous avons donc décidé de nous voir une fois par semaine pour parler 1h en anglais et 1h en français. A présent nous nous entendons vraiment très bien et nous dépassons très souvent les 2h passées ensemble !

Cette expérience m’aide beaucoup à avoir confiance en mon anglais, à parler longtemps et à un débit important (mouhaha pour ceux qui me connaissent bien, vous saviez bien que le naturel allait vite revenir au galop !) et surtout je me suis fait une très bonne copine !

Les cours d’ESL gratuit

ESL = English as a second language, cela correspond au FLE en France (Français langue étrangère).

Toutes les grandes villes américaines proposent cela, c’est gratuit mais pour être éligible au programme il faut avoir le visa adéquat (L2 pour moi mais ce n’est pas le seul).

Après un test un peu fastoche, on est réparti en 2 groupes de niveaux (environ 10/15 personnes à chaque niveau dans mon cas) et nous avons cours du lundi au jeudi de 9h à 13h.

J’y apprends plein d’expressions américaines par exemple « my pet peeve »= quelque chose de vraiment ennuyant,  « a white elephant » = quelque chose d’inutile, « to cut corners » = quelque chose qu’on fait pour économiser du temps ou de l’argent,  « the scum of the earth »= les « déchets » de la société, des gens pas bien du tout, « to blaze a trail » = initier quelque chose de totalement nouveau…

Pendant ces cours je dois souvent prendre la parole donc j’améliore mon anglais mais surtout j’apprends TELLEMENT sur les cultures du monde entier !! Dans mon cours il y a des Chinois, des Brésiliens, des Mexicains, des Colombiens, des Russes, des Africains francophones (Sénégal, Cameroun, Bénin), une Japonaise, une Espagnol, une Slovaque, un Vietnamien, une Dominicaine …

Bref c’est incroyable de faire le tour du monde des nationalités en restant dans une salle de classe, j’apprends plein d’anecdotes sur le nouvel an chinois, sur la significations des prénoms en Chine, sur la perception qu’ont les gens de leur gouvernement, sur les valeurs de la famille, mais aussi sur les coutumes quand un enfant perd une dent (la petite souris, Too’fairy ou dans la plupart des pays, le lancé de dent sur le toit de sa maison !). C’est incroyable et je me sens très chanceuse d’apprendre tout cela :)

Passer des entretiens en anglais

C’est ce qu’il s’appelle se jeter dans le grand bain pour apprendre à nager !

Il vous faut d’abord un CV aux petits oignons américains (pas de photos, une petite punch line en tête du CV, beaucoup de verbes etc). Grâce à mes copines Mélanie et Amaëlle et à Christina, la bloggeuse dont je vous ai parlé au début de l’article, mon CV a fini par attirer l’attention de certains recruteurs ! Je suis donc en pleine période d’entretiens, après mon tout premier entretien on m’a d’ailleurs proposé un poste (de commerciale) que je me suis payée le luxe de refuser ! Maintenant que je sais que mon anglais est assez efficace pour trouver un travail, je veux trouver un travail qui m’emballe à 2000 %

D’ailleurs si vous connaissez une start-up dynamique à Atlanta qui a besoin d’aide pour son développement marketing et commercial, faites- moi signe 😉

En attendant, selon moi, le conseil a toujours garder en tête pour améliorer son anglais c’est de ne pas louper une occasion de rencontrer de nouvelles personnes ou de parler à quelqu’un (même 10 s dans l’ascenseur, même 1 min 30 au supermarché)!

Des bisous,

Ludivine

PS : cet article est beaucoup trop long, je vous parlerai bientôt d’une autre solution pour parler anglais : faire du bénévolat en aidant une mamie américaine.